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L'échos du monde (Automne 2005)

Par S. Waffo

L'hiver est pratiquement à nos portes et fenêtres et aux fils des jours, l'automne s'en va, tel un aurevoir qui ne dit pas son vrai nom, adieu. La richesse des événements et des faits marquants de cet automne fait qu'il faudrait tout un automne pour vous le décrire. Néanmoins on peut quand même en citer quelques uns.  Ainsi au Canada, le rapport tant attendu de l'année est revenu hanter les esprits des libéraux de Paul Martin. Le juge John Gomery dans un rapport mi-figue mi-raison qui sans blâmer de responsable direct a toucher à la successibilité de plusieurs. Le premier ministre Paul Martin a donc été blanchi de toutes accusations et de toutes implications dans le scandale des commandites, tout comme tous les membres de son cabinet et même du caucus libéral. Par contre dans l'esprit de dualité et d'ambivalence qui a caractérisé ce rapport, il a toutefois admis une certaine responsabilité du bureau du Conseil du trésor dans lequel siégeaient alors Paul Martin en tant que Vice-président et la ministre Liza Frula en tant que Présidente. De la même façon, il a récusé toute implication directe du Premier ministre d'alors Mr Jean Chrétien tout en attribuant à son bureau une direction politique mais il a surtout blâmé en partie Mr Chrétien pour la mauvaise gestion du programme de commandites, entre autre parce que l'ancien premier ministre avait pris la décision d'en laisser l'administration à son cabinet.

Il n'en a pas fallu plus pour que Mr Chrétien décide de contester le rapport du juge John Gomery en Cour fédérale et de demander une révision judiciaire. Par contre, fin politicien comme il a toujours été, il a choisi le meilleur moment pour le faire. En pleine campagne électorale, alors que les libéraux de Paul Martin s'apprêtaient tranquillement à tourner la page du scandale des commandites et à entamer une nouvelle ère, Mr Chrétien à rappeler à ses anciennes troupes qu'il n'était pas aussi facile de se débarrasser d'un vieux renard comme lui et surtout d'entacher une réputation qu'il a voulue forte, grande et ancrée dans l'histoire canadienne.  Bref, comme le faisait remarquer Vincent Marissal, éditorialiste au journal La presse, les canadiens et canadiennes auront droit pour la période d'avant et d'après fête à ''une campagne électorale longue et sale''. J'ajouterais d'ailleurs qu'elle risque d'être très très sale. Et ce n'est pas ces quelques propos de début de campagne qui me contrediront : ''looser, crime organisé, nazisme, débarrassé des libéraux, raciste et sexiste etc..'' Bref, ça promet et je vous donne rendez-vous le 23 Janvier pour une soirée  mouvementée qui risque d'être inscrite pour toujours dans les anales de l'histoire.

Toujours au Canada, la conférence des Nations unie sur l'environnement qui avait été annoncé en grande pompe viens juste de s'achever, mais sans véritable avancé. En effet la conférence, (qui en fait était le jumelage de deux conférences : celles des 189 pays ayant signé la convention de Rio en 1992, et l'autre des 159 signataires du protocole de Kyoto) n'a pas permis de convaincre les responsables américains, réfractaire de toute discussion sur l'avenir de l'après Kyoto en 2012 dans le cadre de la Convention. Et ce n'est pas la sortie de Paul Martin cette semaine qui a vivement critiqué l'isolement des américains vis-à-vis de la communauté internationale qui risquerait d'arranger les bisbilles. Toutefois comme le soulignait le Ministre de l'environnement canadien et président Stéphane Dion, il ne faut pas absolument condamné les États unis. En effet plusieurs États et villes américains ont adopté un certain nombre de règlements et de lois en phase avec les éléments du protocole de Kyoto. C'est d'ailleurs pourquoi, l'ancien président américain Bill Clinton personnage très respecté dans la communauté internationale et dont le discours était très attendu n'a pas manqué de souligné que : «Si on ne peut pas se mettre d'accord sur les cibles finales, agissons comme si nous étions tous des maires et disons : voilà 100 projets à mettre en place», façon indirecte pour lui de dire qu' ''à défaut d'avoir une entente ratifiée par tous les pays sur des objectifs ciblés de réduction des gaz à effet de serre, il faut travailler à des projets précis qui contribueront à atteindre ces dits objectifs ''.

Au moyen orient, la situation en Irak est toujours aussi catastrophique et alarmante et rien ne semble présagé que ça ira pour le mieux dans les mois à venir. Il ne fait plus bien d'être étranger à Bagdad et toutes les ONG, groupes humanitaires et autres fuient, dégarnissent et ainsi abandonnent à eux même ce <<pauvre peuple d'irakiens>> qui n'a peut-être jamais rien demandé à quelqu'un mais qui aujourd'hui paye chère l'implication étrangère. L'espoir c'est peut-être le referendum sur la future constitution qui a été ratifiée par plus de 75% des voix. Mais encore là, le rejet par près de 97% dans les provinces où les sunnites sont dominants comme la province d'Anbar illustre un peu les difficultés à surmonter. De toutes les façons, le processus de transition politique se poursuit et le 15 décembre, les élections législatives permettront enfin au pays d'avoir un Parlement pour quatre ans et l'investiture d'un nouveau gouvernement avant la fin de l'année. On ne peut espérer que le meilleur pour l'avenir. En Israël, Sharon voudrait révolutionner l'organisation politique. En effet, il a décidé de démissionner du Likoud parti de droite qu'il trouve pour créer un nouveau parti de centre droit. Trois anciens premiers ministres se sont déjà essayé aux jeux et ont essuyé des échecs cuisants. L'espoir est toutefois présent dans le cas du nouveau parti "Kadimah" (En avant, en hébreu)  d'Ariel Sharon puisque que selon certains média, il remporterait entre 30 à 33 sièges sur 120 à la Chambre, contre 26 au Parti travailliste de Amir Peretz (22 actuellement) et seulement de 12 à 15 sièges au Likoud dirigé par Benyamin Netannyahou (contre 40 actuellement). D'ailleurs Bibi a été, est et sera sans doute le futur homme à craindre pour Sharon. Il a déjà déclaré il y'a quelques semaines que <<Sharon est un dictateur qui conduit (le pays) à la tyrannie, à la corruption et met en danger sa sécurité>>. Affaire à suivre.

En Europe, les esprits sont encore marqués par la vague de violence dans les banlieues françaises. Le monde a eu peur et pitié pour la France, enlisée dans plus de trois semaines de violences et de guerre aux allures d'intifada. Parti du seul mot racaille utilisé par le ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy, on a vu plus de 1200 voitures brûlées chaque jour, des blessés, des écoles primaires. Il s’agissait par là de dénoncer le mal être d’une génération de jeune qui souffre cruellement de chômage et qui estime (à juste titre ?) qu’ils sont complètement oubliés voire abandonné par la classe politique française. Heureusement, le calme est revenu et ce n’est plus 1200 voitures par jour, c’est plutôt 60 voitures brûlées par jour. On peut dormir heureux et en paix. Bref les enjeux de la prochaine élection présidentielle de 2007 sont déjà connu, reste à savoir quels seront les heureux candidats. On sait déjà que Sarkozy l’est. On soupçonne aussi Arlette, Le Pen et Besancenot de l’être, mais ce n’est pas si grave. Reste à savoir si Villepin et/ou Chirac se présenteront contre le super boss de l’UMP ou encore si l’homme au allure messianique et probable unique espoir de la gauche, Jospin en l’occurrence se lancera aussi enfin définitivement dans la course contre les Fabius, Royal, DSK, Lang et autres pour la gauche (plurielle ?).

Ailleurs en Europe, c’est toujours le budget européen qui suscite débat passionné et guerre d’influence. Cette semaine Jack Straw, ministre des affaires étrangères de la Grande Bretagne (qui assure la présidence de l’Union Européenne jusqu’au 31 décembre prochain) a proposé un budget en baisse. La proposition a été accueillie avec beaucoup de scepticisme et d’inquiétude. En effet, le budget prévoit de limiter les dépenses de l'UE pour 2007-2013 à 1,03% du PIB européen, soit 847 milliards d'euros. En plus, quelques 14 milliards d’euros seraient amputés du fonds d’aide régionale aux dix nouveaux pays qui ont rejoint l’Union Européenne en 2004 (150 milliards a peu près) ce qui n’est pas pour plaire à ces derniers. Par contre, Tony Blair fait un compromis important en réduisant pour près de huit milliards d'euros entre 2007 et 2013 le "chèque" britannique obtenue depuis l’ère Thatcher, comme quoi un compromis peut-être sans doute trouvé. Mais pour Tony Blair, on ne peut faire plus de compromis sans une reforme de PAC. Ce qui n’est pas pour plaire à Chirac qui a dors et déjà trouvé que les propositions britanniques sont "très insuffisantes" tout en rappelant que "La France travaille à cet égard avec la présidence britannique et ses partenaires" afin qu’un accord puisse être trouvé dans le prochain conseil européen (des 15 et 16 décembre) et que cet "accord soit dans l'esprit européen".

Ailleurs dans le monde, aux États-Unis, la découverte d’influence dans les principaux journaux irakiens a été mal reçu et beaucoup se posent de plus en plus des questions sur cette guerre et surtout sur la pertinence de la présence américaine en Irak. Et ce n’est pas le scandale des prisons secrètes de la CIA qui monopolisent les attentions qui changera la donne. En Afrique c’est la découverte de centaine d’immigrés dans le désert qui a troublée l’opinion publique. Aussi, le sommet France-Afrique, la réélection d’un des leaders Omar Bongo du Gabon ou encore le report sine die des élections présidentielles en Côte d’Ivoire ont marqué le continent.

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