Dame nature a encore frappé. Et cette fois, ce n’était pas dans l’hémisphère Sud du monde. Il ne s’agissait pas d’un pays sous développé du tiers monde ou encore même du quart monde. Non, pour une fois on ne parlait du Soudan, de l’Éthiopie de l’Indonésie ou encore de la Côte d’Ivoire. Les images terribles qu’on a pu voir des régions sinistrées de Louisiane ou encore du Mississipi nous ont tous choqué, de même que ses américains criant devant les cameras du monde ‘We need Help’. Qui aurait pu se doute que la Grande Amérique fort de ses 450 millions d’habitants et de sa toute puissance puisse vivre et succomber à pareil désastre ? La détresse des gens, la profondeur de la tristesse qu’on pouvait lire dans les yeux de ses milliers d’hommes et femmes à la recherche de la moindre parcelle de terrain sec était invraisemblable. Si vous étiez parti dans le pôle nord et que vous veniez de rentrer sans avoir eu de nouvelles de l’actualité et que vous voyiez ces images défiler sur CNN, vous auriez cru qu’un nouveau génocide était arrivé au Rwanda. Plus de 100000 hommes et femmes dans les rues et autoroutes sans la moindre aide. Des enfants mourant de faim, des diabétiques sur le toit des maisons, des centaines de milliers de maisons dévastées par dame nature.
Katerina a été sans pitié.
Et comme après toute tragédie naturelle, la tragédie humaine a repris le dessus. On a alors vu des hommes et des femmes se jeter comme des animaux sauvages à la recherche de trésor dans le pillage de tout ce que les villes pouvait avoir. Bien sur il ne faut surtout pas se méprendre. Tous ne sont pas fautifs. Puisque la crème de la crème de Louisiane : gouverneur, sénateur, maire et autre était à l’abris de tout sûrement dans des hôtels 10 étoiles et se gavant de caviars, côtes levées, de vins rouges et blancs, eh bien la majorité des 100000 habitants de Louisiane venait de passer plus de deux jours sans manger. Et bien je vous pose la question, qu’auriez vous fait à leur place ?
Il n’en a pas fallu moins pour que la sempiternelle question de l’inégalité des classes dans la société américaine fasse la une de tout. Alors que beaucoup pointent déjà du doigt une forme résiduelle des années dures de la ségrégation raciale dans un état ou plus de 60% de la population sont des noirs et ou le taux de pauvreté frôlent les 35%, d’autres comme le maire de la ville s’interrogent sur les réels raisons de la lenteur monumentale dans l’approvisionnement des ressources et aides. Dans un pays ou plus de 400 millions de dollars américains sont destinés à la course aux armements et à la défense d’autres pays (Irak, Afghanistan), on est bien en droit de se poser des questions. Mais je reste persuadé que le plus dure reste à venir. Quand une fois toute l’affaire aura été tassé de la Une des journaux et médias, que deviendront ces milliers d’hommes et femmes qui souvent ont tout perdu, hommes, femmes, enfants et maisons ? Devrait-on reconstruire une nouvelle Nouvelle Orléans plus sure que l’ancienne Nouvelle Orléans ? Ou devra-t-on attendre le retour de Michael Moore avec un nouveau documentaire toujours aussi choc et parfois tendancieux pour enfin réagir ?
L’avenir nous dira.
S. Waffo
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