EuropeDecember 18, 2006 6:36 pm

C’était il y’a même pas une semaine, à Paris, capitale de l’hexagone. Bertrand Delanoë, l’homme tout puissant de la ville inaugurait ce qui avait été préparé par son prédécesseur Jean Tiberi. C’était jour de fête. Tout le monde était habillé sur son 16 décembre (jour d’inauguration). Tout Paris avait décidé de venir rendre hommage à la réhabilitation de ce transport en commun jadis abandonné il y’a quelques décennies. Enfin, presque le tout Paris car il y’en a qui ne voulait rien savoir de ce désir grandissime du maire socialiste. Béatrice Jérôme du journal Le Monde écrit : «le président de la République, Jacques Chirac, ne sera pas présent à l’inauguration. La plupart des élus UMP la boycotteront, à l’exception de Jean Tiberi. »

Il faut savoir que très bientôt il y’aura des élections à la mairie de Paris. Traditionnellement de droite (Chirac puis Tiberi pendant près de 20 ans), la mairie avait basculé à gauche sous le vent de la gauche plurielle de l’ancien baroudeur Lionel Jospin. Depuis toutes les tentatives sont bonnes afin de faire tomber l’un des derniers bastions d’une gauche forte et regroupée. Avec Clémentine Autain la communiste qu’on ne présente plus, ainsi que Denis Baupin des verts, Delanoë est très bien entouré et il faudra à la droite un vrai coup de maitre ainsi qu’un soupçon de désir pour faire basculer les trois mousquetaires de Paris au sommet de leur tramway. C’est pourquoi ils ont misé comme certaines formations politique qu’on ne citera pas ici (sous peine d’être traité de déloyal, voire déRoyal ) sur la candidature de la très chique Parisienne Françoise de Panafieu. Mais il ne suffit pas d’être femme, belle, souriante et sure de soit pour être une Madonne des urnes. «Dans le cas d’un duel lors des prochaines élections municipales en 2008 entre Bertrand Delanoë et Françoise de Panafieu, l’actuel maire bénéficie de 11 points d’avance sur la députée-maire du 17e arrondissement. 37 % des sondés souhaitent le voir reconduit, contre 26 % favorables à sa rivale. 11 % souhaitent que ni l’un ni l’autre ne soient élus» (Le Monde)

EuropeDecember 3, 2006 6:47 pm

La madone des urnes (version Hertoghe) est allée cette semaine d’une première visite presqu’officielle à l’étranger. Et pour ne pas faire dans la dentelle, elle a décidé de s’en aller ou il y’a le plus de mal et de rancœur dans le monde, dans la bouillante région du conflit israélo-palestinien. Après une petite sérénade au Liban ou elle fut reçue presqu’en Reine de l’empire Français (le Roi Chirac ayant pris quelques heures de repos), elle a posé ses bagages et son contingent en Palestine, en plein dans la bande de Gaza.

Dans sa rencontre avec Mahmoud Abbas le chef de l’autorité palestinien, elle s’est allée d’un discours ferme et touchant comme nous le rapporte l’Associated Press : “Je tiens à vous rendre un hommage particulier pour les efforts que vous accomplissez pour la constitution d’un gouvernement palestinien” qui représenterait “un progrès substantiel vers la reconnaissance des principes du Quartette” pour la paix au Proche-Orient, a-t-elle déclaré.

Dans la crise que traverse le Proche-Orient, “les principes sont connus: le peuple palestinien a droit à un État souverain et viable et Israël à une sécurité durable”, a-t-elle estimé, ajoutant avoir constaté lors de sa visite dans la Bande de Gaza “les frustrations et les angoisses du peuple palestinien”.

Voila qui est bien dit. Sauf qu’il y’a quelques choses d’assez surprenant et presqu’embêtant dans ses éloges et ce discours un peu trop politically correct. Dans sa course à la candidature du Parti socialiste, elle s’est présentée aux Français comme étant celle qui innoverait dans la façon de faire la politique, c’est-à-dire en incluant un peu plus les citoyens dans les décisions importantes du pays. Ainsi, elle assurait qu’ « avec les jurys citoyens, l’avis du public aura été donné» soulignant que «Les gens ne s’intéressent à la politique que si la politique s’intéresse à eux ». «On n’est jamais déçu avec la démocratie participative» rajoutait-elle pour rassurer les français.

Pourquoi ne pas donc commencer-elle-même par respecter les choix du peuple, d’un peuple, le peuple Palestinien ? Ils ont décidé que celui qu’ils aimeraient avoir comme chef serait issus de la formation politique du Hamas. Ils ont rejeté le choix de Mahmoud Abbas préférant indirectement plutôt celui d’Ismail Hanniyeh comme premier ministre. Pourquoi donc si la destinée des Palestiniens est si préoccupante pour la madone des urnes n’a-t-elle pas saisi la première occasion pour réaffirmer par un geste simple tout le bien qu’elle pense de la place du peuple en démocratie ? Abbas n’est pourtant pas le (premier) choix du peuple. Ou bien ce qui est bien pour la France (démocratie participative) n’est peut-être pas aussi bien pour les autres ?

Bizarre, bizarre… Vous avez dit bizarre, comme c’est bizarre!