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Depuis plus d’un mois, l’ensemble de la communauté médiatique du Québec et de Montréal a trouvé un nouveau sujet passionnant. Celui de la situation de la métropole face à la spectaculaire montée des gangs de rues. On y apprend qu’ils auraient pris subtilement la place des motards obligés de se faire un peu absent depuis les dernières opérations commandées organisées par les services de la police et qui à mal l’organisation criminel (du moins pendant un moment). Du jour au lendemain on nous fait croire que le phénomène malheureusement pas rare est grave, urgent et suicidaire. Pas que je sois contre les médias, loin de là (d’ailleurs je me revendique un peu de la familia..) mais il faudrait sérieusement arrêter de prendre les pauvres lecteurs idiots et naïfs qui croient tout ce qu’on leur dit pour pire qu’ils le soient. Ce que je veux dire c’est que la majorité (des personnes alertes de notre société) n’est pas du tout étonné de la situation. Que l’on soit lucide, solidaire ou tout autre, on se rend bien compte de la déchéance programmée de l’être humain. Le problème ne s’arrête pas juste aux gangs de rue, il va aussi plus loin et peut se généraliser parfois à l’ensemble des couches. L’exemple de la situation des 70% des automobilistes montréalais qui brûlent des feux rouges tout au long de la journée.

Quand je lis les longues pages sur le sujet dans La presse ou dans le Journal de Montréal, ca me rend remonté et triste de voir par exemple la situation de ses pauvres filles qui se retrouvent dans une suite d’engrenage inextricable qui malheureusement finit presque toujours très mal.

Extrait de l’article Les gars autour de la fille de Caroline Touzin du journal La presse

« Une autre scène lui revient, terrible celle-là. Deux gars immobilisent une fille nue, couchée sur le ventre dans un lit. Le premier la tient par les chevilles, l’autre par les poignets. Un troisième, assis à cheval sur ses fesses, grave directement dans sa peau, avec un tournevis, trois lettres qui vont finir par couvrir toute la largeur du dos de la fille: MOB (pour Money Over Bitches, l’argent prime sur les chiennes).

Julie se fait la promesse de ne jamais devenir une «bitch». Elle n’a peut-être que 17 ans, mais elle se sent forte, sûre d’elle. Durant ces trois jours et trois nuits, elle s’est sentie l’égale des gars. Je suis plus intelligente qu’eux, se dit-elle, et je suis capable de boire autant qu’eux. Non, elle ne finira pas à la rue comme les autres « bitches » ».

C’est d’une tristesse infinie et bien heureusement, il y’a les médias pour nous rappeler dans quelle état de perdition nous vivons parfois. C’est le rôle de la presse et il faut le saluer. Mais alors quand cette même presse commet l’irréparable de faire des approximations et de mélanger genre et chose, patate et tomate dans le même panier et tomber finalement dans une généralisation implicite facile et malsaine il faut lui dire stop. Le journalisme comme moyen de dépeindre ou décrire les maux et les tares de la société c’est une cause plus que noble que j’estime grandement et qui me rends fier lorsqu’à mon tour j’y participe (comme maintenant !). Mais le journalisme a un devoir moral encore plus grand que celui qu’il critique. Ce que je reproche à quelques uns de «mes confrères» c’est de faire des amalgames intuitifs dans un sujet aussi délicat et aussi grave qu’est le phénomène des gangs de rue. Voici une réaction à l’article précédent qu’un internaute a écrit :

« Tout se résume en deux mots : décadence et lâcheté. Lâcheté tout d’abord de notre société et de nos dirigeants (politiciens, intellectuels, artistes, donneurs de leçon…) qui nous ont lancé tête première dans le multiculturalisme faiblard et l’ultra-tolérancisme tittu quanti.

Nous faisons aujourd’hui le décompte de nos malheurs. Noirs qui se pavanent impunément comme des héros dans nos rues alors qu’ils ne méritent rien de moins que la corde ou la déportation. et que faisons pendant ce temps-là ? rien. Nous déblatérons alors que la maison brûle»

Tout ceci est grave et dangereux et j’estime que plus que la faute des politiques et des politiciens, c’est de la responsabilité des journalistes de faire attention à ce que la cause noble qu’il serve ne se retourne pas tel un boomerang pour créer une nouvelle tare.