GénéralOctober 30, 2006 4:03 pm

Édito incompris.

Suite à la journée anniversaire du 11 septembre, j’avais écris un édito avec pour titre : un anniversaire presque gâché. Suite à cela de nombreuses réactions et commentaires m’ont été faites. Je les ai tous lu et après maintes réflexions, il me semble que la portée de ce texte n’a malheureusement pas été saisi. C’est cette dernière réaction qui me pousse à repréciser l’idée et le but de ma tentative. Avant tout il faut savoir que pour cet édito, près de 100 personnes ont eu à voter, et le nombre de personne en accord avec le sujet était de 14% contre 86%. À noter qu’il n’est point possible d’être neutre ! Sur les personnes qui ont voté, 38 commentaires ont été laissé.

Le dernier commentaire :
Qu’est-ce que c’est que ce texte larmoyant… ô mon dieu le 11 septembre, pensons à toutes ces pauvres victimes… et puis les 12 millions de morts sous embargo sur l’Irak vous allez les pleurer quand? Et les 600.000 victimes depuis trois ans qu’engrange la guerre de Bush vous y songez? Vous dîtes qu’il ne sert à rien de connaître les responsables machiavéliques de cet “attentat”… que dis-je de cette mise en scène macabre… de cette automutilation… de cette attaque hollywoodienne ou “quand nos dirigeants confondent fiction et réel” alors qu’on nous le sert encore comme marche-pieds au totalitarisme militaire le plus abject.
Vous avez écrit ce billet insignifiant pour marquer votre allégeance au KuKluxKlan? Ou pour être sûr de ne pas être emmené à Guantanamo? Juste pour vous rassurer?

Extrait de mon texte :
L’heure aujourd’hui n’est pas à savoir qui sont les coupables ou les responsables, s’il y avait suffisamment de mesures de sécurité ou de protection, s’il fallait plus de surveillance, plus de ci, moins de ça : l’heure est au recueillement. Aujourd’hui, il ne faut ni fêter la tristesse de l’événement, ni persévérer dans la recherche du coupable concret et/ou idéologique. Dans l’année, il y a près de 359 jours pour cela. Il faut plutôt penser à ceux qui ne sont plus, à ceux qui n’ont jamais voulu cet évènement…

Nous devons, en ce jour anniversaire, penser aux « élus » : ceux qui, en quelque sorte, ont été choisis pour incarner ce renouveau de l’ordre mondial. Ces élus qui, malgré eux, devraient et devront rester gravés dans nos mémoires et dans celles des enfants de nos petits-enfants comme étant non pas les martyrs de la liberté et d’un modernisme libre, les martyrs d’une pseudo-guerre sans nom, mais plutôt comme le résultat de ce que l’être humain peut faire dans son état pur d’animal sans intelligence, capable du pire pour son semblable.

Et pour ceux qui ne veulent voir les élus qu’en comparaison à d’autres, je leur dis ceci : l’année compte près de 360 jours, et chaque jour devrait subir sa peine ; celle du 11 septembre n’a pas été choisie mais imposée.

Il y’a malheureusement en France un antiaméricanisme primaire et de mauvais goût qui me laisse souvent sans mot. Bien que n’étant pas du tout favorable aux visions expansionnistes et à la politique de guerre préventive de l’administration Bush, cette habitude exécrable de croire que tout ce que fait l’Amérique (et les américains) est forcement méchant est d’une simplicité puérile, malveillante qui me laisse amer. Heureusement d’ailleurs que tout le monde n’est pas comme ca, tout comme c’est pas tous les américains qui sont des républicains mordus et convaincus. Et quand j’écris un texte non pas pour idéaliser l’Amérique ou ses Marines mais tout simplement pour rendre hommage aux victimes du 11 septembre qui toutes comme celles de Madrid, Jérusalem, Ramallah, Bagdad, Paris, Alger, Beyrouth, Jakarta, Nairobi, Abidjan ou du Chili ont droit à une petite pensée de nous qui n’avons pas demandé à vivre comme elles de mourir, des réactions aussi pathétiques comme celle de me traiter de partisan de KuKluxclan me font froid dans le dos. Je n’ai jamais affirmer qu’une victime valait mieux qu’une autre, d’ailleurs un enfant mort fait autant de mal à la mère qui la perds, que ce soit une mère française avec les attentats du RER il y’a quelques années ou une mère canadienne comme celles qui en ont perdu le 11 septembre !!!.

S’il vous plait arrêtez de nous faire les avocats et les défenseurs des pays du Sud en restant dans vos beaux chalets et appartements en occident et en buvant tous les jours du café qui vient de pays ou les gens sont exploités tous les jours. Si la vie de «ces pauvres» vous tient à cœur tant que çà, envoyez la moitié de vos salaires chaque mois dans les organismes de solidarité. Mais il n’en sera rien bien sur. C’est très facile de se cacher derrière un écran et de crier au scandale contre le capitalisme ou contre l’exploitation. Mais quand il faut passer aux véritables actions et pas seulement aux petites manifestations à deux sous pour lutter contre le droit à rester chez soi et à toucher au RMI, Rma et autres, plus personne n’est là : On est occupé. Si vous vous sentez vraiment préoccupez par la famine dans le tiers monde, voici une petite proposition pour vous. Renvoyez leur juste le tiers de votre salaire et là vous aurez mon estime.

CanadaOctober 23, 2006 7:29 pm

www.stephanewaffo.com

Depuis plus d’un mois, l’ensemble de la communauté médiatique du Québec et de Montréal a trouvé un nouveau sujet passionnant. Celui de la situation de la métropole face à la spectaculaire montée des gangs de rues. On y apprend qu’ils auraient pris subtilement la place des motards obligés de se faire un peu absent depuis les dernières opérations commandées organisées par les services de la police et qui à mal l’organisation criminel (du moins pendant un moment). Du jour au lendemain on nous fait croire que le phénomène malheureusement pas rare est grave, urgent et suicidaire. Pas que je sois contre les médias, loin de là (d’ailleurs je me revendique un peu de la familia..) mais il faudrait sérieusement arrêter de prendre les pauvres lecteurs idiots et naïfs qui croient tout ce qu’on leur dit pour pire qu’ils le soient. Ce que je veux dire c’est que la majorité (des personnes alertes de notre société) n’est pas du tout étonné de la situation. Que l’on soit lucide, solidaire ou tout autre, on se rend bien compte de la déchéance programmée de l’être humain. Le problème ne s’arrête pas juste aux gangs de rue, il va aussi plus loin et peut se généraliser parfois à l’ensemble des couches. L’exemple de la situation des 70% des automobilistes montréalais qui brûlent des feux rouges tout au long de la journée.

Quand je lis les longues pages sur le sujet dans La presse ou dans le Journal de Montréal, ca me rend remonté et triste de voir par exemple la situation de ses pauvres filles qui se retrouvent dans une suite d’engrenage inextricable qui malheureusement finit presque toujours très mal.

Extrait de l’article Les gars autour de la fille de Caroline Touzin du journal La presse

« Une autre scène lui revient, terrible celle-là. Deux gars immobilisent une fille nue, couchée sur le ventre dans un lit. Le premier la tient par les chevilles, l’autre par les poignets. Un troisième, assis à cheval sur ses fesses, grave directement dans sa peau, avec un tournevis, trois lettres qui vont finir par couvrir toute la largeur du dos de la fille: MOB (pour Money Over Bitches, l’argent prime sur les chiennes).

Julie se fait la promesse de ne jamais devenir une «bitch». Elle n’a peut-être que 17 ans, mais elle se sent forte, sûre d’elle. Durant ces trois jours et trois nuits, elle s’est sentie l’égale des gars. Je suis plus intelligente qu’eux, se dit-elle, et je suis capable de boire autant qu’eux. Non, elle ne finira pas à la rue comme les autres « bitches » ».

C’est d’une tristesse infinie et bien heureusement, il y’a les médias pour nous rappeler dans quelle état de perdition nous vivons parfois. C’est le rôle de la presse et il faut le saluer. Mais alors quand cette même presse commet l’irréparable de faire des approximations et de mélanger genre et chose, patate et tomate dans le même panier et tomber finalement dans une généralisation implicite facile et malsaine il faut lui dire stop. Le journalisme comme moyen de dépeindre ou décrire les maux et les tares de la société c’est une cause plus que noble que j’estime grandement et qui me rends fier lorsqu’à mon tour j’y participe (comme maintenant !). Mais le journalisme a un devoir moral encore plus grand que celui qu’il critique. Ce que je reproche à quelques uns de «mes confrères» c’est de faire des amalgames intuitifs dans un sujet aussi délicat et aussi grave qu’est le phénomène des gangs de rue. Voici une réaction à l’article précédent qu’un internaute a écrit :

« Tout se résume en deux mots : décadence et lâcheté. Lâcheté tout d’abord de notre société et de nos dirigeants (politiciens, intellectuels, artistes, donneurs de leçon…) qui nous ont lancé tête première dans le multiculturalisme faiblard et l’ultra-tolérancisme tittu quanti.

Nous faisons aujourd’hui le décompte de nos malheurs. Noirs qui se pavanent impunément comme des héros dans nos rues alors qu’ils ne méritent rien de moins que la corde ou la déportation. et que faisons pendant ce temps-là ? rien. Nous déblatérons alors que la maison brûle»

Tout ceci est grave et dangereux et j’estime que plus que la faute des politiques et des politiciens, c’est de la responsabilité des journalistes de faire attention à ce que la cause noble qu’il serve ne se retourne pas tel un boomerang pour créer une nouvelle tare.