CanadaSeptember 25, 2006 3:32 pm

Après la tuerie de Dawson de la semaine passée à Montréal, une journaliste bien connue pour ses bassesses habituelles est sortie de ses gongs et s’est laissé aller dans une satire complètement stupide, farfelue. Dans le journal anglophone The Globe and Mail, la journaliste en question justifiait la « série » de tueries qu’à connu le Québec et surtout Montréal par l’adoption il y’a près de vingt ans de la loi 101 sur les langues. Cette loi oblige tout nouvel arrivant au Québec à envoyer ses enfants dans des écoles francophones jusqu’au niveau du secondaire.

Primo il faut rappeler qu’en fait de séries, il y’en a eu que trois dans la métropole montréalaise : Polytechnique il y’a 15 ans ou un jeune qui n’avait pas été admis est rentré dans l’école et a abattu une dizaine de femmes reprochant à la société le fait que des femmes puissent s’accaparer d’une partie de la chasse gardée habituellement masculine. Il faut aussi signaler que Marc Lépine (le tueur) était moitié algérien et moitié québécois. Ensuite il y’a eu Concordia ou un immigré russe a tué quelques femmes et.. finalement Dawson la semaine passée avec Kilmour Girl, un québécois dont les parents d’origine sikh sont installés à Laval depuis près de vingt ans.

Mme Wong a insisté sur le fait que les immigrants qui arrivent du Québec pour plusieurs (dont surtout la langue) avait complètement raté l’intégration des immigrants et que le Montréal qu’elle avait connu dans le passé n’était plus le même Montréal cosmopolite et hautement diversifié d’antan !

C’est vrai je ne connais pas le Montréal qu’a connu Jong, mais par contre celui de maintenant, je ne suis pas sur qu’il était aussi multivarié que celui que je connais. Faite un tour dans n’importe lequel des transports en commun de Montréal et de Laval et vous serez agréablement surpris par la diversité que vous croiserez. Un ami qui revenait de Russie m’a confié l’espèce de choc qu’il a eu à son retour à Montréal. Il m’expliquait qu’à Moscou ou à St Petersbourg, tout est homogène, tout le monde se ressemble et quand il est revenu, en prenant le bus et le métro il a tout de suite été frappé par cette richesse car il faut le dire du paysage montréalais. Faites un tour à Jean Talon, Côte des neiges, Parc ou même sur la rue Sainte Catherine et vous verrez à quel point personne ne parle la même langue.

Au delà de tout ca, affirmé avec tant de véhémence que quelqu’un qui se lève un matin, complètement fucké dans sa tête et qui prends une carabine pour tirer sur de gens au hasard (blessant et tuant une autre immigré) est le simple fait de sa non intégration complète dans la société (car obligé d’apprendre le français) révèle d’un pur fantasme et fanatisme pour la démagogie, la subjectivité, le populisme de sous classe et de bas étage, bref de rien. Mme Wong a donc rater la plus belle occasion de sa vie de fermer son toupet et il aura fallu l’intervention de pas un mais de deux premiers ministres (celui du Québec et du Canada) pour remettre les pendules à l’heure.

Mais malheureusement le scandale qui a suivi n’est nullement la faute de cette pauvre journaliste. Le fait est que normalement il aurait été du devoir du journal et de son comité éditorial de faire marche arrière et de ne pas publier ce torchon inutile et au contraire propice à créer au sein de la société canadienne et québécoise une rancœur complètement inutile.

GénéralSeptember 24, 2006 3:33 pm

Comme chaque année depuis 2001, il ne m’est plus possible de voir la date fatidique du 9-11 comme une journée ordinaire. Même si depuis plus de vingt ans, elle n’a jamais été une journée comme les autres, depuis 2001, j’ai du mal à me faire à l’idée d’avoir à ressasser tout ce qui entoure cet événement : les commentaires encore aujourd’hui des « heureux survivants » de New York, les propos de ceux qui ont perdu connaissances, collègues, amis, frères et sœurs, fils et filles ou conjoints, qui n’arrivent plus à retrouver le petit quelque chose, la petite assurance qu’ils avaient en 2001, à 8 h, en ce 11 septembre.

New York, qui représente l’Amérique dans le paroxysme de son aboutissement, dans la réussite de son gigantisme, mais aussi dans sa tradition d’ouverture d’esprit, de multi- et d’inter-culturalisme, de modernisme et de libéralisme pur, a été touchée en plein dans sa chair. Cette Amérique, encore marquée par le passage de Clinton, à peine entrée dans l’ère du conservatisme à la Bush II version 1, n’était pas prête. Prête à quoi ? Au combat de la nouvelle ère internationale : l’ère de la guerre contre le terrorisme.

L’heure aujourd’hui n’est pas à savoir qui sont les coupables ou les responsables, s’il y avait suffisamment de mesures de sécurité ou de protection, s’il fallait plus de surveillance, plus de ci, moins de ça : l’heure est au recueillement. Aujourd’hui, il ne faut ni fêter la tristesse de l’événement, ni persévérer dans la recherche du coupable concret et/ou idéologique. Dans l’année, il y a près de 359 jours pour cela. Il faut plutôt penser à ceux qui ne sont plus, à ceux qui n’ont jamais voulu cet évènement. Il faut faire abstraction aujourd’hui du débat public et politique sur les enjeux de la nouvelle guerre presque froide entre États et groupuscules, entre Bien et Mal, ou même entre l’Occident et le reste (si tant est que cette guerre soit réelle bien sûr).

Nous devons, en ce jour anniversaire, penser aux « élus » : ceux qui, en quelque sorte, ont été choisis pour incarner ce renouveau de l’ordre mondial. Ces élus qui, malgré eux, devraient et devront rester gravés dans nos mémoires et dans celles des enfants de nos petits-enfants comme étant non pas les martyrs de la liberté et d’un modernisme libre, les martyrs d’une pseudo-guerre sans nom, mais plutôt comme le résultat de ce que l’être humain peut faire dans son état pur d’animal sans intelligence, capable du pire pour son semblable.

Et pour ceux qui ne veulent voir les élus qu’en comparaison à d’autres, je leur dis ceci : l’année compte près de 360 jours, et chaque jour devrait subir sa peine ; celle du 11 septembre n’a pas été choisie mais imposée.

Quant à ceux qui, comme moi, ont vu et verront le jour un certain 11 septembre, j’ai le regret de vous annoncer que votre anniversaire ne sera jamais plus le même : ce sera un anniversaire presque gâché, et jamais oublié.