CanadaMay 19, 2006 8:07 am

Hier on apprenait par la presse Canadienne que la société française Alstom allait porter sa cause devant plusieurs instances internationales afin de dénoncer ce qu’elle appelle “favoritisme”. Pour Mr Patrick Kron, “La question que nous allons poser aux autorités compétentes à Bruxelles, à l’OMC et aux autorités nationales, c’est s’il est normal que Bombardier bénéficie de fait d’une exclusivité sur son marché national et puisse se présenter face à Alstom et à ses autres concurrents sur les marchés européens dans le cadre d’appels d’offres ouverts et loyaux”.
Imaginons une seconde que tous les autres pays du monde applique la même façon de faire, pensez vous que Bombardier et son usine de La Pocatière puissent vivre seulement que des renouvellements de wagons montréalais ? Évidement non. Comme je le disais il y a pas longtemps, si Bombardier était si sûr de son talent et de son leadership en la matière, elle aurait du laisser tomber un “favoritisme” criard et flagrant et aller en appel d’offre en essayant de blinder son dossier (si d’aventure le besoin se faisait sentir). Voila qu’elle risque les foudres de Bruxelles, ce qui n’est jamais de bonne augure. Imaginez un seul instant que Bombardier avec la mauvaise publicité qui sera faite bientôt sur son image postule en Europe (comme c’est le cas d’ailleurs). Pourquoi les gouvernements européens ainsi que la commission européenne lui donneraient gain de cause ?
Pourtant on se souviendra que la compagnie française Alstom était prête à partager éventuellement le contrat de renouvellement des wagons avec Bombardier sous forme de consortium par exemple. Espérons juste que le ministre du Développement économique, Raymond Bachand a raison quand il dit que la décision prise par le gouvernement respecte les conventions internationales et est blindée au niveau juridique et quand il dit ne pas croire que Alstom portera plain devant l’OMC. Sinon, le scandale ne vient que de commencer.

Canada 7:29 am

Paru sur le journal du web un jour à la fois

La nouvelle est presque officielle. D’après la presse canadienne, “Le ministre du Développement économique Raymond Bachand annoncera jeudi l’octroi du contrat de construction de 300 wagons du métro de Montréal à la firme Bombardier” et ceci sans appel d’offre. On se rappelle qu’il y’a pas très longtemps, Bombardier par le biais de son président avait fait une sortie publique afin d’inciter le gouvernement du Québec a ne pas aller en appel d’offre afin que Bombardier puisse confectionner les 300 wagons futuristes du métro de Montréal, au détriment de la compagnie rivale Alstom. Le ministre de l’époque Claude Béchard avait pratiquement donné son accord de principe à cette démarche en faisant ainsi d’une pierre deux coups : Donner un contrat important à une compagnie québécoise en pleine restructuration depuis quelques années mais surtout permettre la survie dans sa région de l’usine Bombardier de La Pocatière dans sa circonscription de Kamouraska-Témiscouata.

Sans douter du savoir faire de Bombardier en la matière, il faut quand même admettre qu’il y’a là un petit problème non seulement d’éthique mais aussi un manquement à une certaine rigidité dans la façon de faire. C’est normal de vouloir garder plus d’un milliard de dollars canadien dans la province, mais il faudra admettre qu’il s’agit là d’un petit coup en bas de la ceinture pour Alstom. S’ils sont si forts les messieurs de Bombardier pourquoi ne pas donc aller en appel d’offre comme ca se fait partout ailleurs ?

Certains me diront que c’est tout à fait normal de donner ce contrat à Bombardier. Soit, c’est toujours mieux quand on garde l’argent à la maison. Mais il faut bien se rendre compte qu’à partir de là, on peut en être aussi victime dans le futur. Déjà dans le cas du bois d’œuvre il ne faut plus que ces mêmes personnes se permettent de critiquer les États-Unis. On peut bien faire des règles et des zones de libres d’échanges mais à quoi ca sert de ne pas les respecter quand on se sent attaqué ? La question vaut bien sur pour les USA mais aussi pour tous les autres.