Métro de Montréal, le début d’un scandale
Hier on apprenait par la presse Canadienne que la société française Alstom allait porter sa cause devant plusieurs instances internationales afin de dénoncer ce qu’elle appelle “favoritisme”. Pour Mr Patrick Kron, “La question que nous allons poser aux autorités compétentes à Bruxelles, à l’OMC et aux autorités nationales, c’est s’il est normal que Bombardier bénéficie de fait d’une exclusivité sur son marché national et puisse se présenter face à Alstom et à ses autres concurrents sur les marchés européens dans le cadre d’appels d’offres ouverts et loyaux”.
Imaginons une seconde que tous les autres pays du monde applique la même façon de faire, pensez vous que Bombardier et son usine de La Pocatière puissent vivre seulement que des renouvellements de wagons montréalais ? Évidement non. Comme je le disais il y a pas longtemps, si Bombardier était si sûr de son talent et de son leadership en la matière, elle aurait du laisser tomber un “favoritisme” criard et flagrant et aller en appel d’offre en essayant de blinder son dossier (si d’aventure le besoin se faisait sentir). Voila qu’elle risque les foudres de Bruxelles, ce qui n’est jamais de bonne augure. Imaginez un seul instant que Bombardier avec la mauvaise publicité qui sera faite bientôt sur son image postule en Europe (comme c’est le cas d’ailleurs). Pourquoi les gouvernements européens ainsi que la commission européenne lui donneraient gain de cause ?
Pourtant on se souviendra que la compagnie française Alstom était prête à partager éventuellement le contrat de renouvellement des wagons avec Bombardier sous forme de consortium par exemple. Espérons juste que le ministre du Développement économique, Raymond Bachand a raison quand il dit que la décision prise par le gouvernement respecte les conventions internationales et est blindée au niveau juridique et quand il dit ne pas croire que Alstom portera plain devant l’OMC. Sinon, le scandale ne vient que de commencer.
