Good night, good luck et la malbouffe
La semaine passée, je suis allé voir un film de Georges Clooney qui m’a fort inspiré et surtout fait réfléchir après avoir vu Syriana, un autre de ses films tout aussi engagé et porteur d’un message comme peu de films et de réalisateurs savent le faire de nos jours. Biensur on pourra toujours être d’accord ou non sur le message en temps que tel ainsi que sur la portée dudit message mais toujours est-il qu’au moins une forme de débat sera lancée.
Il s’agissait dans ce film de la période Maccarthyste qu’a connu les États-Unis en pleine guerre froide, à un moment de leur histoire où il ne faisait guère bon d’être communiste (je ne sais pas si c’est le cas aujourd’hui). Le sénateur Joseph McCarthy, président d’une commission anti «propagande communiste » avait la fâcheuse habitude de traquer tout ce qui avait un lien ou non, passé comme présent avec l’idéologie rouge. Souvent, sans aucune forme de procès, des individus étaient tout simplement envoyés en potence, à la manière de ce jeune lieutenant Rabinovitch renvoyé de l’US Air Force parce que soi-disant sa sœur avait dans un de ces moments (on va dire de faiblesse) fricotée avec l’idéologie marxiste. Face à ces abominabilités que tout le monde fustigeait de plus en plus (mais en sourdine), un journaliste de CBS Ed Murrow ainsi que son équipe ont eu le courage au nom d’un principe rare de se battre contre le tout puissant sénateur.
Au delà du coté artistique de la chose (entièrement en noir et blanc ou parfois et même souvent s’entrecroise fiction et réalité comme le rôle du sénateur « interprété» par le vrai et avec des plans de vue splendides), ce qu’on pourra retenir de ce film c’est un peu le combat qu’à mener ce brillant et surtout audacieux journaliste pour qui le but même de la télévision autant que de la radio d’ailleurs n’est pas seulement de divertir (voire pervertir) et d’amuser la galerie mais de traiter de sujets sérieux, d’enjeux importants et des questions les plus ambiguës avec comme seul but de relever d’un cran la « modeste » condition de l’être humain.
Ce film qui traite de faits datant de 1952 me parait plus que d’actualités aujourd’hui. Il faudrait tout simplement changer communisme par terrorisme. Malheureusement des espèces comme Ed Murrow déjà fort rare en 1952 sont complètement en voie de disparition de nos jours. L’ère est plutôt au Staracademie, Loft story, Survivor, et autres téléréalités à la con venu tout droit de la planète showbiz et que j’appelle « Malbouffe intellectuelle »

Tiens, tu viens planter les blogues-réalités sur mon blogue et on tu plantes les télé-réalités dans le tien?
Convergence Mr. Stéphane Waffo?
Comment by Pierre — April 4, 2006 @ 12:07 am