EuropeApril 3, 2006 10:01 pm

Commentaire que j’ai fait suite à un post sur le blog du journaliste Alain Hertoghe.

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Si je peux me permettre un mot dans votre débat/révolution franco-francais en tant qu’observateur de l’extérieur, c’est qu’on a l’impression (en tout cas moi) que la “spécificité française” est institutionnalisée partout en France et dans toutes les couches de la population.

Lionel se demandait à quoi ca sert de voter UMPS. Moi j’ai bien l’impression que depuis quelques années, ce n’est pas les différentes politiques et leurs idéologies qui sont liées mais plutot le peuple qui ne sait plus s’il est de gauche ou droite, pourtant les lignes des parties sont restées presque pareille depuis. Ce que je veux dire c’est ce que finalement j’ai l’impression que vous êtes tous des syndicalistes à la recherche d’un homme politique providentiel, mais en autant qu’on ne touche pas à ses acquis. Quand on est de droite, on ne veux pas d’impôts sur le revenu. Comme en général ils ne peuvent pas se permettre des manifs comme les jeunes (insolents, téméraires et à la limite sans crupule), on a recours à d’autres moyens de pression tout aussi révolutionnaires.

Bref il n’y a pas en France d’un côté les syndicats et les gauchissants et de l’autre la droite (qui se dit réaliste), mais deux grands forces syndicalistes face aux gouvernements (peu importe sa couleur)

Général 10:19 am

La semaine passée, je suis allé voir un film de Georges Clooney qui m’a fort inspiré et surtout fait réfléchir après avoir vu Syriana, un autre de ses films tout aussi engagé et porteur d’un message comme peu de films et de réalisateurs savent le faire de nos jours. Biensur on pourra toujours être d’accord ou non sur le message en temps que tel ainsi que sur la portée dudit message mais toujours est-il qu’au moins une forme de débat sera lancée.

Il s’agissait dans ce film de la période Maccarthyste qu’a connu les États-Unis en pleine guerre froide, à un moment de leur histoire où il ne faisait guère bon d’être communiste (je ne sais pas si c’est le cas aujourd’hui). Le sénateur Joseph McCarthy, président d’une commission anti «propagande communiste » avait la fâcheuse habitude de traquer tout ce qui avait un lien ou non, passé comme présent avec l’idéologie rouge. Souvent, sans aucune forme de procès, des individus étaient tout simplement envoyés en potence, à la manière de ce jeune lieutenant Rabinovitch renvoyé de l’US Air Force parce que soi-disant sa sœur avait dans un de ces moments (on va dire de faiblesse) fricotée avec l’idéologie marxiste. Face à ces abominabilités que tout le monde fustigeait de plus en plus (mais en sourdine), un journaliste de CBS Ed Murrow ainsi que son équipe ont eu le courage au nom d’un principe rare de se battre contre le tout puissant sénateur.

Au delà du coté artistique de la chose (entièrement en noir et blanc ou parfois et même souvent s’entrecroise fiction et réalité comme le rôle du sénateur « interprété» par le vrai et avec des plans de vue splendides), ce qu’on pourra retenir de ce film c’est un peu le combat qu’à mener ce brillant et surtout audacieux journaliste pour qui le but même de la télévision autant que de la radio d’ailleurs n’est pas seulement de divertir (voire pervertir) et d’amuser la galerie mais de traiter de sujets sérieux, d’enjeux importants et des questions les plus ambiguës avec comme seul but de relever d’un cran la « modeste » condition de l’être humain.

Ce film qui traite de faits datant de 1952 me parait plus que d’actualités aujourd’hui. Il faudrait tout simplement changer communisme par terrorisme. Malheureusement des espèces comme Ed Murrow déjà fort rare en 1952 sont complètement en voie de disparition de nos jours. L’ère est plutôt au Staracademie, Loft story, Survivor, et autres téléréalités à la con venu tout droit de la planète showbiz et que j’appelle « Malbouffe intellectuelle »