Il y’a eu d’abord Fidel, le grand leader de la révolution cubaine. Il a été adulé partout dans le monde ; ensuite il a excellé dans un antiaméricanisme communiste qui l’a propulsé aux premières loges des critiqueurs du système et du modèle libéral de Washington. Pendant longtemps bien des gens dans le monde et dans son pays ont cru en lui. Il avait des idées et des ambitions pour le peuple cubain. On s’est rendu compte quelques décennies après qu’il n’était que la triste représentation de tout grand dictateur digne de ce nom et que son ego surdimensionné était plus important que le développement et l’évolution de son pays.

Bien longtemps après et presque dans la même période, il y’a eu dans deux grands pays de la sous région la montée au pouvoir de deux hommes venus d’en bas et sur qui certains ont compté, comptent et compteront demain. Lula au Brésil est sans doute celui dont le succès médiatique touche presque tous les continents mais qui tarde à se faire reconnaître (quelques cas de corruptions seulement !). Pour Hugo au Venezuela les avis sont plus partagés et çà dès le départ. Déjà dans son pays alors que la majorité des ouvriers, paysans et pauvres le hissent au pouvoir dans une pseudo révolution rappelant l’époque (peu) glorieuse qu’à connu tout le continent, une partie de l’élite et de la classe moyenne préfère la continuité dans un système (presque) pourri que de le voir venir. Son prédécesseur finit par céder à la pression et voilà donc Mr Hugo Chavez porter à la tête d’un des plus gros pays producteurs de pétrole dans le monde (2ieme). Hugo s’installe, apprends à gérer le pouvoir et boum : Il retape la constitution en la faisant presque à son image. On est toujours dans le même pattern des révolutions sud-américaines : c’est la recherche de la justice sociale, d’ailleurs Hugo s’imagine être le successeur d’un certain Simon Bolivar, véritable icône identitaire de tout un continent surexploité.

Mais Hugo ne s’arrête pas là, on a l’impression que son cœur oscille parfois entre le coté obscur de la force et le coté Jeddai de Luke Skywalker. On a carrément l’impression d’entendre les sons de respirations de Dark Vader lorsque Hugo décide d’embrasser les leaders révolutionnaires-cocainomanes de la pègre colombienne par exemple ou lorsqu’il décide tout seul de l’avenir de son peuple. Comme dans le cas de son ami cubain, il décide d’augmenter sa côte de popularité en devenant l’un des leaders mondiales de la philosophie antiaméricaine. Une partie de son peuple jubile et est en extase total, oubliant parfois que finalement la justice sociale n’est toujours pas.

Le dernier né de cette école de pensée à été introduit il y’a pas très longtemps au monde entier. Il lui reste encore à prouver mais déjà on suspecte un « don » naturel. Il s’appelle Evo Morales et est devenu à 46ans « don Evo…premier indigène non blanc et non métis à diriger le pays (Bolivie) depuis sa fondation il y a cent quatre-vingts ans ». Il est le premier d’une « minorité indigène andine » qui représente 70% de la population. Il est aussi important de mentionner à toute fin utile qu’il a été le dirigeant syndical des producteurs de coca (cocaleros) dans un pays ou il est beaucoup plus rentable pour un cultivateur de produire de la coca que de se lancer dans le maïs (remarquer que c’est aussi le cas à Tombouctou ou à Chibougamau). Comprenez bien qu’on ne parle pas de la coca de Pepsi ou de Coke nécessaire à tout Big Mac mais qu’on parle bien de la coca qui fait tant de ravages partout dans le monde et encore plus au pays de l’oncle Sam. Vous allez me dire que c’est facile et simpliste comme pensée mais comment le président don Evo expliquera aux voleurs et aux criminels de son pays qu’il ne faut ni, ni voler, ni tricher ? Bref, passons les détails puisque de toutes les façons ce sont les boliviens qui ont élu président le chef des cocaleros.

Eh bien don Evo une fois installé sur son trône commence tout de suite par lancé cette phrase devenue célèbre : « coca, si! Yankee no ». Ensuite il commence sa première visite officielle chez le grand frère leader cubain! Il est toujours préférable d’avoir le soutien de Fidel si vous voulez vous lancer dans l’antiaméricanisme et don Evo n’échappe donc pas à la règle. Don Evo, il va s’en dire, bénéficie du support de l’autre homme fort de la région Hugo Chavez. En regardant les résultats de ses idoles, j’ai envie de lui souhaiter un avenir différent ainsi qu’aux boliviens mais je crains fort que le modèle de justice social tant recherché s’obtienne au prix de longs sacrifices en matière de droits civils.