Je suivais une conférence cette semaine de Philip Oxhorn, professeur de l’Université McGill de Montréal, spécialiste des questions d’Amérique Latine dont l’une de ses théories est basée sur le paradoxe entre l’avancé notable des droits politiques en Amérique Latine VS le retard important des droits sociales. Il a présenté et expliqué un peu ce qu’étaient les droits humains et a insisté surtout sur les défis important pour certains peuples aujourd’hui de reconnaître ces droits à toute la population d’une société ou d’un pays, en particulier dans les pays où il y’a eu de graves entraves à ces mêmes droits. En effet, pour beaucoup de gens, les droits de l’homme ne sont qu’un outil pour une certaine élite de la population. Quelqu’un lui a alors posé une question plus qu’intéressante et qui mérite d’y réfléchir une seconde. La question en fait était de savoir comment expliquer à des peuples qui ont subi une forte oppression tyrannique que leurs tyrans de jadis ne méritait pas la peine de mort mais plutôt d’avoir des droits humains (qu’ils avaient auparavant bafoués). Comment expliquer aux milliers de victimes du génocide rwandais que ceux qui hier les assassinaient à coups de machettes ont le droit de vivre aujourd’hui dans des prisons de luxe tout simplement du fait du respect des droits de l’homme? La réponse du professeur Oxhorn fut tout simple. Il a souligné le fait qu’il s’agissait là d’une délicate situation et que le défi était s’expliquer à ces victimes que toute personne a des droits et qu’afin d’éviter une éventuelle spirale de violence entre autres, il faut les respecter. Beaucoup plus que çà, je pense que ce qu’il faut se poser comme questions c’est à quoi ça servira d’enlever la vie à quelqu’un ? Est ce que ça pourra enlever le tord ou le préjudice qui a été commis ? Et plus philosophiquement qui sont les hommes pour aujourd’hui décider de prendre une vie qu’ils n’ont pas pourtant donnée ? Le vrai débat pour moi c’est donc de se poser la question si en faisant ce que veulent les victimes, qui des deux sera plus victimes ou plus tyrans ? Celui qui tue en premier ? Ou plutôt celui qui tue en deuxième ?

En analysant cette question délicate, je suis allé plus loin en pensant à un sujet presque tabou qui revient presque souvent depuis la dégradation de la situation dans le moyen orient. Faut-il accorder aussi aux kamikazes les mêmes règles de droit de l’homme, eux qui semblent pourtant ne pas respecter cette convention universelle qu’est le caractère sacré du droit à la vie pour toute personne, à commencer par soi? Pour moi la réponse est simple et claire mais pour vous ?